Des pingouins à Marseille ?
Artips
1985, Marseille. Équipé de son masque, ses palmes et ses bouteilles d'oxygène pour respirer, Henri Cosquer descend à près de 40 mètres de profondeur. Plonger, c'est son métier, alors il a déjà vu pas mal de choses. Pourtant, ce jour-là, il n'en croit pas ses yeux...
Tout commence par la découverte d'une entrée de tunnel. Cosquer décide d'en explorer l'intérieur pour voir si quelque chose d'intéressant s'y trouve. Il remonte le très long tunnel et arrive dans une grotte, au sec. Sur les parois, des animaux sont peints... Qui est assez fou pour venir décorer cet endroit inaccessible ?

Une paroi de la grotte Cosquer
Le plongeur comprend vite que ces dessins sont très anciens. Ce sont des humains de la Préhistoire qui les ont tracés, il y a presque 20 000 ans ! Les spécialistes de cette période sont tout de suite appelés sur place. Comme dans beaucoup de grottes décorées de cette période, ils trouvent des dessins de chevaux, de bisons, de bouquetins... Rien d'étonnant.
En revanche, il y a des bestioles que les préhistoriens n'ont jamais vues ailleurs : des "grands pingouins", une espèce aujourd'hui disparue. Qu'est-ce que ces volatiles, plus habitués aux grands froids, font dans une grotte près de Marseille ?

Un grand pingouin sur une paroi de la grotte Cosquer
C'est tout simplement parce qu'il y a 20 000 ans, il faisait beaucoup plus froid qu'aujourd'hui ! Les artistes de la grotte Cosquer vivaient en pleine période glaciaire. Mais si eux devaient avoir besoin de beaucoup de manteaux de fourrure pour supporter la température frigorifique, les pingouins devaient apprécier ce climat.
Et la période glaciaire explique aussi l'emplacement surprenant des œuvres. Les hommes et femmes de la préhistoire ne sont pas venus avec un masque et des palmes ! À l'époque, il y avait beaucoup plus de glaces aux pôles nord et sud. Le niveau de la mer était donc bien plus bas, et la grotte était totalement au sec.
Avec la fonte des glaces, l'eau est remontée dans le tunnel. C'est pour cela que personne avant Henri Cosquer n'y avait mis les pieds. Et aujourd'hui, ils ne sont pas nombreux à pouvoir la visiter : il n'y a que les spécialistes de la Préhistoire super forts en plongée qui ont le droit d'y aller !